LES TEXTE

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Jacques MURATOT 1985 vous avez son courriel dans CONTRIBUTIONS du 12 février 2012

Un jour viendra...
Un jour viendra, où, à l’emplacement de la chaîne de l’Himalaya, un vaste océan, sur lequel aucun être humain jamais ne naviguera, baignera les rives de terres inconnues.

Cet océan durera ce que durent les océans, éphémères cosmiques, puis disparaîtra à son tour pour être remplacé par une immense plaine désertique, une calotte de glace ou une autre chaîne de montagnes. A ce moment, le souvenir même de l’espèce humaine aura sans doute disparu de la mémoire de la Vie.

Puis la Terre elle-même finira par perdre sa chaleur interne pour n’être plus qu’une planète froide et morte voguant sans passé et sans avenir à travers les espaces sidéraux jusqu’au jour où le soleil se changera en géante rouge et grossira jusqu’à l’absorber et la vaporiser en une fraction de seconde.

L’expérience cosmique de la Vie sera alors achevée en cette partie de l’Univers.

Comment pourrai-je, alors, avoir d’autre sentiment que le mépris ou la pitié pour la plupart de ces hommes politiques qui s’agitent frénétiquement pour un peu plus d’honneur, de pouvoir, d’argent ; pour ces militaires dont la bêtise est souvent directement proportionnelle au nombre de galons ; pour ces ministres du culte et ces guides fanatiques qui s’imaginent détenir quelque vérité absolue, et qui, sous couvert d’amour, d’abnégation et de liberté, ne sont que mensonge et intolérance ; et pour tous ces hommes qui, partout où ils sont, font semblant de “servir” tout en étant persuadés que l’Univers entier tourne autour de leur nombril, sur lequel ils gardent imperturbablement les yeux fixés, dans une admiration sans borne ?

Ils ont définitivement perdu la capacité à être humain et à s’émouvoir jusqu’aux larmes en écoutant quelque symphonie, en regardant les blés ondoyer sous le vent, les nuages fuir et se dissoudre dans le ciel, en regardant le soleil sombrer dans la mer, en s’émerveillant la nuit en levant les yeux vers le firmament et en se sentant pris de vertige face aux profondeurs incommensurables du cosmos ; bref, en admirant la Nature et la Vie, dans toute leur multiplicité, en les aimant, et en les respectant.

QUAND DONC L’HUMANITÉ APPRENDRA-T-ELLE L’HUMILITÉ ?

Jacques MURATOT 1985