LE 6 em FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DES DROITS DE L'HOMME EN PROVENCE,

 

Ce film permet de comprendre le basculement de jeunes gens

A) dans une resitance non violente, faiblement idéologique, rapidement neutralisée (le porteur de pancarte)

B) la prise des armes de fortune comme nos resistants de 39-45

C) l'organisation des combats de plus en plus violents portés une idéologie plus structurée avec une forte influence forte de la religion.

Mon propos n'est pas d'entrer dans une explication de la situation politico-militaire-statégique de la Syrie d'aujourd'hui et l'implication des "Grands" Iran/USA/Russie/F/GB/D. Vous avez cela dans 2 bons journaux complémentaires à mon goût Le MONDE et La CROIX. ce sont des journaux admirables qui illustrent avec intelligence et coeur la richesse de notre histoire Religieuse ET Laïque

Non, je suis au ras des Hommes, en bas, avec eux, je traverse apeuré, comme dans le film, les murs défoncés pour me protéger des snippeurs.

Dans ce documentaire le texte lu en arabe est une véritable oeuvre musicale, dés les premiers sons de cette voix nous savons que nous écoutons un Requiem Allemand.

Les 2 personnages sont si différents, si intimes, si complémentaires, si tragiques dans leur destin qu'ils deviennent nos proches.

Ossama est discret, réfléchi, éduqué, fortuné, ami de Baset il posséde, smartphone, appareils photos, ordinateur, internet. C'est un jeune de chez nous. Il filme et tous en riant se regardent sur leur Pc comme aprés un match de foot au vélodrome.

Ossama veut faire oeuvre et porter au monde ce qui se passe chez lui. Ses premiers témoignages sont simples, le premier blessé: ca va s'arrêter, NON, le premier mort: ca va s arrêter, NON le premier massacre, ca va s'arrêter, NON, NON, NON les maison détruite, les quartiers détruits, le cauchemard ne s'arrête pas... mais ses images se terminent et il disparait, comme on disparaissait au Chili ou en Argentine..., Le corps, Le prénom* d'OSSAMA a disparu, perdu, son beau visage, perdu son rire.

BASET le foot balleur et beau comme une Dieu*, Victor Hugo aurait fait un beau personnage de ce jeune homme. Dans ce Requiem, les chants de Baset sont tantôt humoristiques, tantô patriotiques, parfois religieux,. Ils sont souvent improvisés et destinés à galvaniser les foules, puis les combattants. Baset est séduisant, séducteur, charismatique, mon père* aurait dit "il a une belle gueule". Avec les premières foules dansantes et riantes, filmées par Ossama , Fier "Gavroche", il offre son cou aux balles des snippers: c'est un jeune de nos quartiers, leader des supporter de foot de Salon ou de Marseille, et qui crie "Nique la Police" à la fin d'un match.

c'est Yohan, Eddy, Mohamed ou Youcef qui sens que sa jeunesse va faire bouger les choses, que cela ne peux plus durer, qu'il faut que ça change !

Mais Homs n'est pas Marseille

Pour des raisons tactiques l'armée n'exécute pas Baset rapidement car il est connu dans le Pays et peut être utile pour maintenir le régime en place. Mais déjà elle tire sur la foule, au fusil, au canon, aux chars, aux missiles, aux barils de poudre, cette longue liste d'un "Prévert en larmes" des merveilles de technologie que nous savons créer pour dévaster les corps, effacer les prénoms*

Les nombreux combats, les blessures, la mort des amis, les disparus font d'un Basset un jeune homme vidé, épuisé manquant de sommeil.

Dans une séquence éprouvante, Christique, sa souffrance charnelle, morale, et spirituelle est telle, que seul son cri vers Dieu le réconforte. Plus encore, c'est la la des barbus qui l'entourent, qui prononçant des prières et le nom de Dieu arrivent à le calmer enfin...

Baset bascule et comment ne pas en comprendre les raisons !

Ce film se termine en 2013 lors de la dernière séquence ce jeune homme (fumant une cigarette au tabac douteux....) Hilare, part en chantant avec des combattants barbus pour affronter les troupes régulières. Basset veut devenir le héros, le martyr qu'il a promis à sa mère*.

A l'excellente équipe d'organisateur et d'intervenant de cette soirée, je n'ai pas pu m'empêcher de modifier, un peu la conclusion de l'animateur. Celui ci avait utilisé l'expression Anglo Américaine "No Future pour Baset": mais ce ce n'est pas mon avis

Pour Baset, comme pour de nombreux jeunes de nos quartiers, déchirés par la violence physique, psychologique ou sociale c'est un "Futur en Dieu" ou, en langue arabe un "Dieu est Grand".

A nous avec cette initiative Charlie de répondre à ce besoin d'un être suprême* sans retourner à la Barbarie.

Fraternellement, Gilles le 13 Février 2015